Réflexion d’une hockey Mom – Julie Maltais

Sillonnant les arénas du Québec depuis belle lurette, Julie Maltais est la hockey mom par excellence au Québec. Ses trois hommes impliqués dans le hockey, enseignante de profession, impliquée dans le comité scolaire de la LHJMQ, elle connait la « game ». Mère de Thomas Grégoire (Phoenix de Sherbrooke), de Jeremy Grégoire (Ice Caps de St-John et ancien de la LHJMQ) et conjointe de Jean-François Grégoire (entraineur adjoint avec les Olympiques de Gatineau), elle connait chaque racoin de chaque aréna de la LHJMQ.

Max : Julie, es-tu une « hockey mom »?

Julie : Avant de rencontrer Jean-François Grégoire, il y a 25 ans, mon unique lien me rattachant au hockey, c’était que mon père écoutait les parties de la Soirée du hockey le samedi soir. Aujourd’hui, toute ma vie y est associée. Quand j’entends le terme hockey mom, je me questionne sur sa signification.  Cette réflexion m’a permis de trouver la mienne, qui se veut très personnelle, soit dit en passant. Alors oui, je suis une hockey mom

Lorsque j’entends le nom d’une ville québécoise, c’est l’image de son aréna qui me vient en tête en premier : «Ah oui! St-Bruno au Lac St-Jean, je me souviens de l’aréna!». Parce que je regarde, à l’aréna, notre plus jeune jouer, un ordinateur sur mes cuisses, question de ne pas manquer la partie du plus vieux. Parce que je remarque que mes collègues de travail ne s’informent plus de mes fins de semaine parce qu’ils ont l’impression que je ne fais qu’aller au hockey, rien d’autre. Je suis une hockey en partie lorsque mes trois hommes jouent dans des villes éloignées et que je reste dans le confort de mon salon à les regarder. Je refuse toutes invitations à sortir et je me prépare une soirée de rêve.  J’ouvre donc mes deux ordinateurs pour voir chaque garçon et je place mon cellulaire tout proche afin de me permettre de connaitre instantanément le compte de l’équipe de J-F. Alors je pense que oui, on peut dire cela .

 Max : Le hockey apporte beaucoup à tes trois hommes, mais pour toi, qu’apporte-t-il?

Julie : Le hockey permet un travail constant sur mon attitude, sur ma façon de gérer mes émotions, sur ma capacité à entendre la critique et sur ma force dans les moments difficiles parce que le hockey nous rappelle constamment qu’il n’y a rien d’acquis.

Quand les enfants étaient petits, les trajets en auto devenaient MA chance inouïe d’avoir des discussions enrichissantes avec mes garçons. Nos liens sont aujourd’hui ce qu’ils sont parce que nous avons passé ce temps de qualité ensemble. J’aime le hockey quand je vois la lumière dans les yeux de mon mari qui va derrière son banc pour entrainer des jeunes. Je m’étonne de la puissance de ce sport quand cette même lumière resurgit lorsque mon homme de 43 ans me fixe en me disant « Je m’ennuie de jouer la game, je m’ennuie du feeling de compter des buts. » J’aime ce sport quand Thomas pousse le volume de sa musique à tue-tête dans la maison afin de maximiser son avant-match.  Je l’aime aussi quand Jay m’appelle après sa partie et me raconte avec tant d’entrain les faits saillants de son match. Je me réjouis tant que nous partagions cette même passion.

J’adore quand mon Jean-François m’attribue la note de 8/10 pour mes connaissances du jeu. À la fois, je le soupçonne de gonfler ce résultat pour me faire plaisir et en même temps j’ai nettement l’impression que je ne pourrai jamais l’augmenter; comme si en tant que mère, je ne pouvais pas le dépasser. Pourtant, j’essaie souvent de lui forcer la main en émettant certains commentaires qui me permettent de faire l’étendue de mes connaissances, mais par lesquels j’attire plus souvent qu’autrement le rire de mes hommes. Je deviens soudainement victime de leur complicité, mais c’est un sentiment tellement incomparable!

Max : Tu es impliqué dans le comité scolaire de la LHJMQ? Pourquoi cette implication?

Julie : J’ai tenu à m’impliquer au comité scolaire de la LHJMQ parce l’aspect étudiant du joueur m’interpelait. Je peux donc y faire entendre ma voix en apportant mon point de vue d’enseignante, tout autant que celui de mère, directement branché sur la réalité de ce que vit un joueur.

Max : À travers toutes ces années à suivre les gars, as-tu déjà senti que tu t’oubliais? Que tu passais à côté de rêves que toi tu désires?

Julie : J’ai rapidement compris que le hockey prendrait une place démesurée dans ma vie sans même que j’enfile moi-même des patins. J’ai donc tiré le meilleur de chaque situation pour ne jamais m’oublier. Quand les enfants étaient plus petits et que je passais beaucoup de temps à l’aréna, je maximisais ce temps en allant prendre de belles marches à travers les rues inconnues des villes. Quand nous avons décidé que J-F devait vivre son expérience d’entraineur adjoint à 8 heures de la maison, j’ai choisi de rester à Sherbrooke pour être avec Thomas et pour continuer d’enseigner. Aujourd’hui, je suis des cours d’espagnol et je l’enseigne à Mont-Sainte-Anne, je m’entraine régulièrement et j’enseigne aussi le français aux adultes. Je tiens à ce que mes hommes réalisent leur rêve et je suis prête à faire plusieurs sacrifices, mais cela n’a jamais ralenti mon élan afin que je puisse atteindre les miens.

Max : Il ne peut pas y avoir que des bons côtés. Il y a des trucs que tu n’aimes pas de ce sport?

Julie : Oui. Je dois faire taire la mère en moi et laisser gagner le hockey. Quand Jérémy avait 14 ans, j’ai dû me résigner à le laisser aller en pension et à ainsi modifier mon concept de cocon familial. J’ai dû me contenter d’un bisou après chaque partie et d’une brève jasette avant le prochain «Au revoir!». Je déteste le hockey quand mon fils se bat et que je me retrouve déchirée entre le refus de voir la scène et l’incapacité de détourner les yeux. Malgré tout, je ne veux rien manquer! S’il lui arrivait quelque chose et que je ne l’avais pas vu… Ce sport me fait fulminer quand il y a plus de serpents que d’échelles à ce jeu qui peut se montrer parfois si ingrat.

Max : Tu occupes donc le rôle de pilier émotionnel de la famille?

Julie : Être une hockey mom, ce n’est pas être une «fan» de mes hommes, mais être la personne qu’ils appellent après une partie pour jaser, pour se changer les idées, pour rire. Je veux rester celle qui les garde toujours connectée avec l’essentiel : la vie, l’amour et la famille.

 Max : Le hockey, c’est dans l’ADN des Grégoire?

Julie : Même si en laissant Jérémy à Chicoutimi la première fois, j’ai pleuré ma vie, en écoutant le Saule inconsolable d’Isabelle Boulay; même si Pierre Lapointe me frappe souvent de ses paroles C’est long ma vie sans toi, je suis reconnaissante que le hockey soit partie intégrante de notre famille. Cette passion est devenue notre identité et encore plus important, chacun de nous s’accomplit pleinement et se dépasse sans cesse grâce au hockey.

De loin un des entretiens les plus intéressant que j’ai eu depuis longtemps. Les Grégoire, quelle famille! Une des plus grandes familles de hockey de l’histoire de la province.

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