Anthony Marcotte : 500 matchs plus tard

C’est dans sa ville natale qu’Anthony aura touché à la description pour la première fois. Les Tigres de Victoriaville décidaient alors de faire confiance à un jeune homme de 17 ans, passionné de hockey. Un habitué des matchs des  Tigres, fils d’un papa connu et respecté à Victoriaville, impliqué dans le hockey junior depuis l’arrivée de la formation dans les Bois-Francs, Anthony trainait souvent avec son père Jean au Colisée. 9 ans plus tard, le recherchiste-rédacteur-chroniqueur de TVA Sports, descripteur des matchs de l’Armada de Blainville-Boisbriand cumule déjà 500 matchs d’expérience et des centaines de « ET COMPTE! » avec son intonation accrocheuse bien à lui.

Je connais bien le spécimen : j’ai partagé deux ans de matchs et de route avec « Tony » pour le compte du Phoenix de Sherbrooke. Solide gaillard, rieur, ne travaillant comme pas un, il m’est souvent arrivé de me demander d’où Anthony tenait autant d’informations sur les joueurs et leur passé. Champion du complément d’information et de l’anecdote punché, Tony connait tellement la ligue et les joueurs que n’importe qui jase de hockey junior avec lui en ressortira épaté.

Anthony Marcotte est extrêmement respecté partout où il passe. Son éthique de travail et sa minutie font de lui une référence en matière de hockey junior. Jocelyn Thibault, copropriétaire du Phoenix de Sherbrooke ne tarissait pas d’éloges à propos de « Tony » quand je lui ai demandé de me parler de lui : « Anthony a été le 1er descripteur de notre organisation. Il a rapidement su transmettre son amour et sa connaissance du hockey junior à nos nouveaux partisans. Malgré son court passage avec nous, il aura réussi à marquer notre organisation à jamais »

J’ai posé des questions à mon ancien collègue, devenu ami. (Deux ans de route de hockey junior, ça tisse des liens..)

Comment la description de matchs de hockey est arrivée dans ta vie?

C’est toujours quelque chose qui m’intéressait quand j’étais jeune. Je me suis rendu compte rapidement que je n’avais pas le talent pour jouer très fort au hockey, mais j’aimais beaucoup la «game» et je voulais rester dedans. Quand les matchs de la LHJMQ devaient être obligatoirement diffusés dans tous les marchés de la ligue via Internet, les Tigres se sont cherché un descripteur et j’ai gagné une audition. Le reste s’est écrit tout seul!

Te souviens-tu de ton premier match?

Je me souviens très bien de cette fameuse audition. C’était un match à Victo contre les Foreurs de Val-d’Or lors d’une partie hors-concours, sans les noms dans le dos! Je peux te dire que ce n’était vraiment pas évident! Mais ça a l’air que ça avait bien été. Je n’avais fait qu’une période. Je n’ai donc pas compté cette partie dans mon calcul des 500 matchs. Ha ha!

À sillonner les 18 villes de la ligue, tu as dû développer des habitudes? As-tu un restaurant ou un endroit fétiche?

Je te dirais qu’à chaque fois que je retourne à un endroit où j’ai déjà travaillé, c’est spécial. Chicoutimi entre autres est un endroit important, car j’y ai passé 4 ans de ma vie. Deux endroits que j’apprécie beaucoup, c’est Rouyn-Noranda et Halifax. L’organisation des Huskies en est une e premières classes. Il y a beaucoup de bon monde dans cette équipe et on y est toujours accueillis comme des rois. Et la poutine de Chez Morasse juste en face a quelque chose de spécial! Halifax est la plus belle ville dans l’est du pays. Le centre-ville est magnifique et le Scotia Bank Centre est impressionnant. De plus, il y a beaucoup de beaux endroits autour de l’aréna pour agrémenter les fins de soirées, dont plusieurs bars et un superbe casino.

Quelle relation entretiens-tu avec les joueurs à les côtoyer comme ça?

J’ai toujours entretenu une relation professionnelle avec les joueurs. C’était important que je le fasse, car j’ai commencé très jeune. Lors des premières années que j’ai fait ce travail, j’avais le même âge que les joueurs alors c’était important que je me distance un peu. Les joueurs ont toujours respecté ça, je crois. La ligne aurait été facile à franchir. Bien sûr que j’ai développé de belles amitiés avec le temps, mais je peux compter sur les doigts d’une main les joueurs qui sont véritablement devenus des amis avec le temps. Je suis à l’aise avec ça.

À travers les années, t’es-tu fait jouer des tours par des joueurs ou encore des coachs?

Bien sûr que oui! Je te dirais que les joueurs étaient assez nerveux de le faire par contre. Je n’étais pas une cible facile! Je me souviens qu’à Sherbrooke, le robuste Trevor Stacey m’avait mis du beurre sur mes souliers, mais je l’avais surpris en flagrant délit sous la table! Une autre fois, encore à Sherbrooke, Mathieu Laverdure et Dominic Talbot-Tassi avaient viré ma chambre à l’envers au Cap-Breton. Tout y était passé. Et une autre fois à Chicoutimi lors d’un voyage en Abitibi, Sean Girard avait sorti le câble d’alimentation en eau de la toilette. Quand j’ai tiré la chasse, ça giclait partout… Je lui en veux encore!

À quel coach avais-tu le plus hâte de parler après les matchs?

Cette question est facile à répondre, c’était définitivement Richard Martel avec les Saguenéens. On ne savait jamais trop à quoi s’attendre avec lui. Il pouvait s’avérer intimidant à l’occasion, d’autant plus que le club ne connaissait pas beaucoup de succès à l’époque où je le côtoyais. Nous avions un respect mutuel l’un pour l’autre et à chaque fois qu’on se revoit, c’est avec énormément de plaisir. Richard Martel est une véritable légende de la LHJMQ et je suis content d’avoir vécu avec lui ses derniers matchs en carrière dans la LHJMQ. Je possède d’ailleurs encore l’enregistrement de l’entrevue d’avant-match de la partie contre Rimouski qu’il n’a finalement jamais dirigée. Il a été congédié quelques heures après notre discussion sur l’heure du midi. C’est assez spécial!

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour les années à venir?

On peut me souhaiter de continuer à faire ce que j’aime pour encore plusieurs années. Je suis très heureux d’être revenu à la radio pour la diffusion des matchs de l’Armada. Je m’ennuyais du contact avec les auditeurs. Je souhaite avoir une chance de décrire des matchs de la Ligue nationale un jour. Je pense avoir les capacités et l’expérience pour le faire. Je me croise les doigts!

On te le souhaite cher Anthony!

 

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