Le métier d’animatrice de foule

Chacune des 18 équipes de la LHJMQ est responsable de ses propres soirées hockey. Toutes les formations ont une façon différente d’opérer. Chose certaine, les 18 formations du Circuit Courteau travaillent toutes très fort pour amener les partisans dans les gradins et leur faire vivre des soirées mémorables. Évidemment, l’élément primordial est ce qui se passe sur la patinoire, mais même dans la défaite, l’ambiance en général durant la soirée sera un des incitatifs majeurs pour revenir à l’aréna. Mascotte, musique, jeu et animation sont souvent les ingrédients ajoutés au spectacle sur la glace. Isabelle Perron, l’animatrice de foule du Phoenix de Sherbrooke en sait quelque chose.

Max : Parle-moi de ton travail d’animatrice de foule. Ta journée au bureau commence très tôt avant le match ?

Isa : Effectivement, on doit planifier chaque jeu, chaque moment d’animation. C’est un travail de précision et un travail d’équipe. J’arrive quelques heures avant le match pour tout mettre en place. Une fois que le match débute, la machine va assez vite merci. Nous devons être prêts quand la rondelle tombe sur la patinoire.

Max : Il y a des soirs où la magie doit opérer seule ? Comparativement à des soirs où ton travail est plus difficile ?

Isa : Il y a des soirs où mon travail se fait un peu tout seul et d’autres soirs, c’est plus difficile d’aller chercher la foule. Tout dépend de ce qui se passe sur la patinoire. Comprenons-nous, toutes les équipes perdent des matchs de hockey, et c’est dans la défaite que mon travail devient de plus en plus important. Les joueurs ont besoin de l’énergie de la foule. Ils ont besoin de les entendre crier. Je dois donc, avec mon équipe d’animation, trouver une façon d’aller les chercher. Et aussi, pour plusieurs, la sortie au Palais des Sports est un évènement en soi, ils doivent en retirer quelque chose de positif. Ils fêtent peut-être un anniversaire, c’est peut-être une sortie avec toute l’équipe de hockey… Nous ne pouvons pas être plates. Je suis un peu la seule personne qui ne peut jamais abandonner lors d’une partie… (Rires)

Max : Tu fais en quelque sorte partie du spectacle et de l’équipe. Y’a-t-il une relation qui se crée avec certains partisans ?

Isa : Je connais les visages et les noms de plusieurs. Les gens sont contents de me voir quand je passe du temps avec eux, quand je vais les voir avec la mascotte, etc. Je suis un peu la deuxième mascotte de l’équipe. Les gens sont souvent impressionnés lorsqu’ils passent à l’écran ou encore lorsqu’on passe du temps avec eux. Souvent, même en dehors du hockey, les gens sont fidèles, et curieux. Sur Facebook, dans la rue, on me parle beaucoup du Phoenix !

Max : Parles-tu beaucoup de hockey ? Les partisans se confient à toi ?

Isa : Non seulement je suis la deuxième mascotte, mais je suis aussi psychologue dans mes temps libres… (Rires) Les partisans aiment leur club et prennent cela à cœur. Quand une partie va mal, des fois, certains sentent le besoin d’en parler. Je les écoute avec grand plaisir. Mais oui, les gens aiment le hockey. C’est le Québec, les gens parlent de hockey.

Max : Un moment marquant ? Un match spécial pour toi ?

Isa : Plusieurs. Les matchs d’ouvertures. 4 005 spectateurs debout qui crient, sifflent, dansent, c’est assez spécial comme feeling. Ça m’amène une adrénaline bien spéciale. C’est long avant que ça retombe le soir quand j’arrive à la maison. Les moments plus émotifs aussi. Comme les matchs de retraits de chandail de Jocelyn Thibault et Mathieu Dandenault. On sentait vraiment la fierté et les souvenirs des gens. Ces soirées-là avaient quelque chose de magique !

Max : Vas-tu voir des matchs dans d’autres amphithéâtres ? Compares-tu ce que le Phoenix fait avec les autres marchés ?

Isa : Pas tant pour comparer que pour trouver des idées nouvelles. En fait, ce n’est pas une compétition. Je pense que tout le monde se donne le droit de s’inspirer de tout le monde. Tu sais, nous sommes des ennemis sur la glace, mais nous sommes une ligue avant tout. Moi, si les estrades à Victo sont pleines, je suis super heureuse, c’est juste bon pour le hockey. C’est ce qu’on veut à la base, que les gens sortent et aillent voir du hockey junior. Mais oui, je jette un œil et j’aime voir comment les autres font leurs trucs de leur côté, et je sais qu’eux font la même chose lorsqu’ils viennent au Palais des Sports.

Max : La saison commence très bientôt. Un message pour les partisans ?

Isa : Vous êtes le cœur même de ce club-là. Je sais que vous avez hâte de retrouver l’équipe et laissez-moi vous dire que les joueurs ont tout aussi hâte de vous retrouver. Continuer de vibrer avec le Phoenix. C’est une jeune équipe, qui a du cœur au ventre et la saison sera excitante.

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